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Le droit de l’IA, expliqué

Prospection par agent IA : consentement, opposition et preuve

Un agent IA ne bénéficie d’aucune exemption pour prospecter. Le canal, la qualité de l’interlocuteur et la source de ses coordonnées déterminent la règle. Depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique des consommateurs repose en principe sur un consentement préalable strict, et non plus sur le seul contrôle Bloctel.

État du droit vérifié au 16 août 2026. Ne constitue pas un conseil juridique individualisé.

La réponse, en bref

Depuis le 11 août 2026, la prospection téléphonique B2C exige en principe le consentement préalable du consommateur, sauf appel lié à l’exécution d’un contrat en cours et présentant un rapport avec son objet. Le professionnel doit pouvoir prouver le consentement, respecter son retrait et les listes d’exclusion. Les courriels et SMS restent soumis à l’article L34-5 du CPCE, avec des régimes distincts selon le destinataire. Source : article L223-1(ouvre un nouvel onglet) du code de la consommation.

Repères juridiques citables

Ce qu'il faut pouvoir citer

Téléphone B2C

Consentement préalable en principe depuis le 11 août 2026 ; exception limitée au contrat en cours.

Source : Code de la consommation, article L223-1(ouvre un nouvel onglet)

Preuve du consentement téléphonique

Le consentement est encadré par le décret du 23 juillet 2026 ; la preuve et la traçabilité doivent être conservées.

Source : Décret n° 2026-662(ouvre un nouvel onglet)

Courriel ou SMS

La règle dépend du destinataire, du canal et de la relation existante ; une opposition simple doit toujours être possible.

Source : CPCE, article L34-5(ouvre un nouvel onglet)

L'essentiel en 30 secondes

Ce qu'il faut retenir

  • Téléphone B2C : opt-in depuis le 11 août 2026. Sans consentement valable ou exception liée à un contrat en cours, pas de démarchage.
  • Courriel/SMS B2C : consentement préalable sous réserve de l’exception client pour des produits ou services analogues.
  • Courriel B2B : intérêt légitime possible si l’objet est en rapport avec la profession, avec information et opposition simple.
  • Le prospecteur vérifie ses leads. Une garantie contractuelle du courtier ne remplace pas la preuve.
  • L’opposition doit arrêter les relances. Elle doit être gratuite, simple et répercutée dans tous les outils et agents.
Nos sources

Nos sources officielles

Chaque affirmation de cette page renvoie au texte ou à la décision qui la fonde. Les liens mènent directement au document officiel.

Auteur éditorial et éditeur : Blue Lemon Agent, marque de LINDBERGH FORMATION. Méthode : textes et décisions vérifiés sur EUR-Lex, Légifrance, la CNIL, les juridictions et les autorités compétentes. Relecture juridique : Mohamadou Hamady DIA, juriste, le 18/08/2026. Mis à jour le 10/09/2026.

Le développement, règle par règle

La matrice par canal

Canal et cibleRègle de principeException ou précision
Appel téléphonique à un consommateur Consentement préalable depuis le 11 août 2026 Contrat en cours : appel en rapport avec l’objet du contrat, notamment pour proposer des produits ou services afférents ou complémentaires à cet objet, ou de nature à améliorer ses performances ou sa qualité (article L. 223-1 du code de la consommation(ouvre un nouvel onglet)).
Automate d’appel vers un particulier Consentement préalable au titre de L34-5 Identité de l’annonceur et opposition simple dans chaque message
Courriel, SMS ou MMS B2C Consentement préalable Client existant et produits/services analogues de la même entreprise, avec opposition simple
Courriel B2B nominatif Intérêt légitime possible Objet en rapport avec la profession ; information et opposition simple et gratuite
Adresse générique d’une personne morale Hors données d’une personne physique L’identité de l’annonceur et le mécanisme de désinscription restent en principe requis par L34-5
Courrier postal Intérêt légitime souvent envisageable Information RGPD et droit d’opposition ; autres règles commerciales applicables

Cette matrice doit être lue avec le RGPD. Une règle de canal satisfaite n’efface pas l’obligation de disposer d’une base légale pour traiter le fichier de prospects.

Téléphone B2C : le nouveau régime du 11 août 2026

L’article L223-1 du code de la consommation(ouvre un nouvel onglet) interdit de démarcher téléphoniquement un consommateur qui n’a pas exprimé un consentement préalable, libre, spécifique, éclairé, univoque et révocable. Le consentement résulte d’un acte positif clair. Le professionnel doit pouvoir le prouver.

Le décret n° 2026-662 précise notamment :

  • l’information sur l’identité du professionnel, les biens ou services et la durée du consentement ;
  • une durée maximale d’un an ;
  • l’absence de reconduction tacite ;
  • l’interdiction des cases précochées et de déduire le consentement de la poursuite de la navigation ;
  • une conservation de la preuve pendant trois ans ;
  • un retrait aussi simple que l’octroi, y compris oral ;
  • une interface sécurisée qui ne peut imposer la création d’un nouveau compte ;
  • lorsqu’un consommateur demande à être rappelé, une réponse dans les cinq jours ouvrables, limitée à l’objet demandé, avec preuve conservée trois ans.

Exception du contrat en cours

Le professionnel peut contacter son cocontractant si la sollicitation concerne l’objet du contrat en cours, des produits ou services afférents ou complémentaires, ou de nature à améliorer ses performances ou sa qualité. Cette exception n’autorise pas la prospection générale sur des offres sans lien.

Secteurs soumis à une interdiction renforcée

La prospection téléphonique dans les domaines de la rénovation énergétique, de l’adaptation du logement au vieillissement ou au handicap est interdite, sauf dans le cadre restrictif d’un contrat en cours prévu par le texte.

Déroulement de l’appel

Au début de la conversation, le professionnel doit donner son identité, celle du donneur d’ordre et la nature commerciale de l’appel. Si le consommateur s’oppose, l’appel cesse immédiatement et aucun nouveau contact ne doit suivre.

Un agent IA doit donc être capable de :

  • récupérer la preuve avant de composer le numéro ;
  • annoncer l’IA, le professionnel et la finalité ;
  • reconnaître des formulations ordinaires d’opposition ;
  • interrompre le scénario sans tenter de « sauver » la vente ;
  • propager l’opposition au CRM, au composeur et aux partenaires ;
  • remettre une offre sur support durable et ne pas conclure oralement lorsque le droit de la consommation exige l’acceptation ultérieure signée.

Courriel, SMS, MMS et automates d’appel

L’article L34-5 du code des postes et des communications électroniques(ouvre un nouvel onglet) exige le consentement préalable pour la prospection directe au moyen d’un automate d’appel, d’un télécopieur ou d’un courrier électronique utilisant les coordonnées d’une personne physique. Le consentement doit précéder la transmission à des partenaires lorsque ceux-ci prospecteront sur ce fondement.

L’exception client exige une vente ou une prestation réelle, des produits ou services analogues fournis par la même personne et une opposition simple lors de la collecte puis dans chaque message. La création d’un compte ne suffit pas.

Pour les professionnels, la CNIL admet l’intérêt légitime lorsque le message est en rapport avec la profession ou la spécialité de la personne. La personne doit être informée et pouvoir s’opposer simplement et gratuitement au moment de la collecte et dans chaque message.

Leads, annuaires et données publiques

Une donnée publiquement visible n’est pas libre de toute règle. L’entreprise qui achète ou enrichit des leads doit contrôler :

  • la source précise et la date de collecte ;
  • la visibilité choisie par la personne ;
  • le texte et l’interface du consentement, s’il est requis ;
  • l’identité ou la liste intelligible des partenaires annoncés ;
  • la finalité et le canal ;
  • la preuve horodatée ;
  • l’information article 14 du RGPD(ouvre un nouvel onglet) ;
  • les oppositions déjà enregistrées.

Une clause par laquelle le fournisseur « garantit la conformité » est utile mais insuffisante. Le prospecteur est responsable de sa propre campagne.

Sanctions et décisions officielles

Le non-respect du consentement téléphonique peut être sanctionné au titre du code de la consommation ; les manquements au démarchage téléphonique peuvent atteindre 75 000 euros pour une personne physique et 375 000 euros pour une personne morale selon les dispositions de sanction applicables. Une campagne peut également cumuler des manquements RGPD et L34-5.

CNIL, 15 mai 2025, SOLOCAL MARKETING SERVICES, SAN-2025-001

Source : Délibération officielle (ouvre un nouvel onglet)

La CNIL sanctionne notamment une prospection électronique reposant sur des formulaires partenaires ne permettant pas de recueillir un consentement valable. Leçon : contrôler les formulaires amont et conserver la preuve ; ne pas s’en remettre à une garantie contractuelle.

CNIL, 15 mai 2025, CALOGA, SAN-2025-002

Source : Délibération officielle (ouvre un nouvel onglet)

La CNIL retient notamment l’absence de consentement valable, un retrait plus difficile que l’octroi et l’absence de base pour une transmission à des fins de prospection. Leçon : la licéité doit suivre toute la chaîne et le retrait global doit être effectif.

Publications DGCCRF de 2026 : portée historique

Les publications concernant PRO CONDUITE, le 6 mars 2026, et CLAIRINE documentent des sanctions sous l’ancien régime fondé notamment sur Bloctel, les horaires et la fréquence d’appel. Elles prouvent l’effectivité des contrôles, mais ne doivent pas être présentées comme l’interprétation du nouveau régime d’opt-in entré en vigueur le 11 août 2026.

Checklist d'intégration

À vérifier avant de mettre l'agent en service

  • La campagne est qualifiée par canal et cible avant lancement.
  • La preuve du consentement est consultable pour chaque numéro B2C.
  • Le consentement téléphonique expire au plus tard après un an et n’est pas reconduit tacitement.
  • L’exception « contrat en cours » est documentée offre par offre.
  • Chaque message identifie l’annonceur et propose une opposition simple.
  • Le contenu B2B est en rapport avec la fonction du destinataire.
  • Les fournisseurs de leads sont audités sur des exemples réels.
  • L’information article 14 du RGPD(ouvre un nouvel onglet) est délivrée au premier contact au plus tard.
  • Les oppositions sont synchronisées entre tous les agents et outils.
  • Le script téléphonique cesse immédiatement en cas d’opposition.
Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande le plus souvent

Bloctel suffit-il encore depuis le 11 août 2026 ?

Non. Le principe est désormais le consentement préalable du consommateur ou une exception légale liée à un contrat en cours. Le respect d’une liste d’opposition ne crée pas un consentement.

Combien de temps vaut le consentement au démarchage téléphonique ?

Le décret fixe une durée maximale d’un an et interdit la reconduction tacite.

Une case précochée est-elle valable ?

Non. Le consentement exige un acte positif clair et ne peut pas être déduit de la navigation.

Peut-on écrire à une adresse professionnelle trouvée en ligne ?

Parfois, si la sollicitation est en rapport avec la profession, si les attentes raisonnables sont respectées et si l’information et l’opposition simple sont assurées. Une coordonnée masquée ou détournée de son contexte appelle une autre conclusion.

Le fournisseur de leads peut-il conserver seul la preuve ?

Le prospecteur doit être capable de démontrer la validité de sa campagne. Il doit donc obtenir une preuve exploitable et auditer le parcours de collecte.

L’agent IA peut-il relancer après « je ne suis pas intéressé » ?

Une opposition à l’appel doit conduire à l’arrêt immédiat et à l’absence de nouveau contact. Le système doit reconnaître les formulations ordinaires, pas seulement un mot-clé juridique.

Votre agent respecte-t-il ces règles ?

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